
Comme conclu à la fin de l’interview de Gilles Vermeulin de Rafale Boat, il me fallait essayer le bateau pour pouvoir me faire mon avis. L’occasion m’a été donné d’essayer ce jouet le 22 janvier dernier sur la Seine entre Boulogne et Saint Cloud aux portes de Paris.
Au premier abord, le bateau sur l’eau confère la même impression de solidité et de robustesse que posé sur une belle moquette sous les projecteurs. Pour être honnête, avant toute critique, il faut dire que le bateau essayé a presque deux ans il ne correspond donc pas exactement aux derniers présenté notamment à Paris.

A la manœuvre, il faut déjà noter que le R6.30 se prend plus comme une coque rigide à cause de sa Poupe tout en Aluminium. Non pas qu’abîmer le bateau soit une perspective effrayante, mais vous auriez vite fait d’emboutir le ponton ou votre voisin. Rassurez vous, il reste bien un semi-rigide.
A la lumière du jour, l’hypalon-néoprène des flotteurs façon peau de requin est du plus bel effet. Au-delà de son côté esthétique, ce tissu offre une surface antidérapante efficace même mouillée.
La console très épurée était ici équipée d’une visière basse et teintée. Avec ce petit saute-vent, l’effet de vitesse est garanti en Janvier.
Parlons un peu utilisation. Ce n’est pas une surprise, d’autres l’ont dit avant le bateau est brutal. La confirmation ne s’est pas faite attendre bien longtemps. Les 200ch ne sont pas de trop puisque, ici nous avons un rapport poids puissance équivalent à ce qu’on pourrait avoir sur un SR de taille équivalente en polyester muni d’un 150ch. Si l’impression est semblable, c’est bien 200ch qui poussent et fort! Le bateau réagi tout en puissance et vire à plat. Cette accroche en virage peut être surprenante, mieux vaut bien se tenir la force centrifuge aurait vite fait de vous envoyer à l’eau. Le bateau doit également sa stabilité et son accroche à ses virures qui se prolongent derrière le moteur (sous les plages de bain). Cette caractéristique participe également à offrir au Rafale un déjaugeage foudroyant malgré le poids et la carène très en V. En contre partie, le moteur a tendance à vite ventiler. Le tout dans un son peu agréable et rassurant et surtout chose étonnante même en ralentissant et en trimant en négatif au maximum, le bateau reste à plat et le Mercury continue à faire sa soupe aux bulles.

Ce comportement induit de na pas remettre les gaz avant la sortie de virage. Le bateau ne se mettant que très peu sur l’intérieur et attention, car ventilation ou non, les 200ch pousseraient fort quoi qu’il en soit.
A vitesses élevée, l’impression peut être comparée à celle d’un SUV de luxe. Finalement, on ne va pas plus vite que dans une Berline, on n’est pas tellement plus en sécurité. Pourtant, on se sent tout puissant, indestructible.
L’engin tel un gros 4×4 allemand, lourd, luxueux, bien équipé et performant.
Un régal, pas de gros temps pour essayer cette carène en V extrême, seulement quelques sillages de Péniches qui sont avalés, ou plutôt coupés par le couteau qu’est ce Rafale.

D’un point de vue ergonomie, la banquette arrière manque cruellement de dossier mais malgré sa finesse et son absence de fixations, celle-ci tient et est confortable !
La Position de Pilotage quand elle sans être forcément idéale pour tout le monde est agréable.
La console est idéalement placée au centre de gravité du bateau. Sur le papier rien de bien impressionnant, mais à chaque mouvement du bateau, on se sent idéalement placé. Esthétique et pratique !

Pas que du style, la console possède une forme atypique en s’affinant vers le pont. Cette forme permet de placer idéalement ses jambes sous le volant. Il ici possible de s’adosser au bolster confortablement avec un bon appui sur ses pieds chose relativement rare. Il y a juste à regretter l’absence totale de vide poches sur le tableau de bord qui compte de la place libre malgré GPS/ sondeur VHS et Comptes tour moteur.
(cette console sera remplacée d’ici peu. La nouvelle monture gardera la même plastique avec des améliorations).
Depuis les essais presse réalisés avec un bateau orange, Le Rafale a gagné une solution ingénieuse de mât de ski sur un arceau réalisé sur mesure passant au dessus du moteur évitant ainsi la pose d’un mât traditionnel prenant de la place sur le pont. Autre gain, la banquette arrière déjà mentionnée qui apporte avec du volume de rangement supplémentaire. Cette banquette amovible que vous pourrez mettre dans votre (grand) coffre tiens seule sans fixations sur le pont. Non pas gain mais perte ce coup ci. Le Davier en Aluminium a cédé sa place à une simple bande d’hypalon ce qui ne change pas vraiment sa ligne mais est regrettable vu le prix du bateau et le poids que doit peser l’ancre.
Maîtrise des pieds à la proue.

Difficile à voir pour un néophyte, mais la réussite stylistique de ce bateau est de ne compter aucun élément commun avec des productions concurrentes. En effet Rafale a réussi le tour de magie de s’approprier chaque élément, d’y apposer sa « marque ». L’ensemble est incroyablement cohérent donnant une simplicité exemplaire. Le bateau est aussi agréable au volant qu’à regarder. Même si le beau temps n’a pas permis de vérifier les capacités de cette coque vu le sort qu’elle a réservé aux vagues des péniches on ne doutera pas du sort qu’elle réserve au creux en mer.

Liens:
RAFALE boats: http://www.rafaleboats.com/FR/index.php
Essai pneumag: http://www.pneumag.com/essai.php?ide=225&debut=0
Essais Presse:
Semi-rigides Magazine: N°2 et N°6
Pneumatiques Magazine: n°62
Hors Bord Magazine n°18
et aussi chez:
Apnea
Pêche en mer
Moteur Boat…
